Remorque ou camion food truck : pourquoi de plus en plus de porteurs de projet choisissent la remorque ?
Le marché de la restauration nomade continue de progresser en France : au 30 avril 2026, 4 370 établissements actifs sont recensés sous le code dédié aux restaurants ambulants dans la base Sirene. Dans ce secteur en pleine structuration, le choix du format reste une décision fondatrice. Et la remorque, longtemps dans l’ombre du camion, s’impose aujourd’hui comme une option à part entière, avec ses propres atouts et ses propres contraintes.
La remorque food truck, une logique économique difficile à ignorer
La différence de coût entre les deux formats est le premier argument qui retient l’attention. Un camion food truck neuf démarre autour de 64 000 euros HT chez les constructeurs français, là où une remorque équivalente se situe entre 25 000 et 40 000 euros HT selon la configuration. Chez les fabricants qui proposent des modèles sur mesure, l’écart peut atteindre 10 000 à 20 000 euros en faveur de la remorque, à équipement comparable.
Pour ceux qui cherchent à explorer la gamme disponible, une remorque de food truck peut être conçue sur mesure selon la spécialité culinaire visée : snack, traiteur, tacos, pâtes ou marché traditionnel, avec des longueurs allant de 3 à 5,20 mètres.
Au-delà du prix d’achat, la remorque affiche un autre avantage discret : sans moteur, elle se déprécie moins vite qu’un camion, ce qui facilite la revente. Et pour les remorques de moins de 750 kg, la réglementation est allégée : pas de contrôle technique obligatoire, pas de plaques spécifiques, assurance très accessible.
Remorque ou camion : tout dépend de votre usage quotidien
Le choix entre les deux formats repose avant tout sur la fréquence et le type de déplacement. Le camion est conçu pour les tournées quotidiennes sur plusieurs emplacements, avec une logique tout-en-un pratique quand chaque jour amène un nouveau point de vente. La remorque, elle, s’adapte mieux aux installations semi-fixes : un marché régulier, une zone d’activité économique, un festival de plusieurs jours. Elle peut rester dételée sur place pendant que le véhicule tracteur repart, ce qui représente une vraie souplesse organisationnelle.
Ce format est aussi particulièrement pertinent face à la multiplication des Zones à Faibles Émissions en ville. Non motorisée, une remorque peut être tractée par n’importe quel type de véhicule, y compris électrique, sans que cela affecte son usage ni sa configuration intérieure.
Il faut cependant intégrer quelques contraintes réelles : tracter une remorque demande un véhicule adapté (un investissement supplémentaire si vous n’en disposez pas), et les manœuvres sont plus complexes qu’avec un camion autonome. La vitesse est également restreinte en circulation.
Les démarches réglementaires à ne pas négliger
Sur le plan administratif, camion et remorque partagent les mêmes obligations de fond. Les deux formats doivent obtenir la mention VASP Magasin sur la carte grise via une homologation par la DREAL. Toute remorque dont le PTAC dépasse 500 kg doit faire l’objet d’une immatriculation propre. La carte de commerçant ambulant (délivrée par la CCI ou la CMA, valable 4 ans) est indispensable pour exercer hors de sa commune de domiciliation professionnelle. Et pour chaque emplacement sur le domaine public, une autorisation d’occupation temporaire auprès de la mairie reste nécessaire, quelle que soit la forme du véhicule.
Une formation en hygiène alimentaire de type HACCP est également exigée pour tout responsable d’établissement de restauration, food truck ou non.
La remorque n’est pas un raccourci administratif, mais elle représente souvent un point d’entrée financièrement accessible pour tester un concept, valider un emplacement et construire progressivement une clientèle fidèle.
